Épisode 5 : Premières semaines au BNC

Olivier ? Ça fait combien temps qu’on est là déjà ?

– 3 semaines ? 6 mois ? 1 an ? Dur à dire… Je suis arrivé 3 semaines après vous et vous êtes là depuis mi-juillet . On est début août. Donc 4 – 5 semaines. Ça doit bien faire un mois ça nan ? « 

Quatre-cinq semaines ! C’est le temps d’en perdre la notion. Le temps de vivre de nombreuses choses et de ne plus les compter. C’est d’ailleurs le temps de ne plus compter les jours, de s’organiser, de comprendre la culture locale, de rencontrer des personnes formidables, de leur apprendre le Citron Coco, de les voir partir parfois, d’en rencontrer de nouvelles, d’apprendre le nom d’une vingtaine d’enfants sans se tromper (surtout quand ils font exprès d’échanger les prénoms pour nous embêter 😅). C’est également le temps de commencer les cours de mathématiques et d’arrêter parce que les examens sont terminés puis de commencer les cours de musique parce que les enfants adorent.

Je pense qu’il est temps pour nous de vous expliquer le déroulement de ces dernières semaines. Commençons par le BNC si vous le voulez bien ( en meme temps, vous n’avez pas trop le choix me direz-vous 😝).

Le BNC

Comme vous avez pu le lire dans l’article 3 (et si ce n’est pas le cas, je vous invite à le lire 😉), nous avons découvert les locaux, les volontaires et surtout les enfants du BNC, le jeudi 16 juillet. Durant les premières semaines, nous avons surtout dû apprendre les règles et coutûmes de l’établissement. Mine de rien, ce sont surtout les enfants qui nous les ont enseignées.

« Sir sir, may I have a puzzle ? This one ! Come I will show you »

Monsieur, monsieur, je peux avoir un puzzle ? Celui-la ! Viens je vais te montrer

Ok les ballons, au fond à droite. La pompe, dans le coffre fort. Les puzzles en vrac dans l’armoire. Ceux rangés ? Bonne question… Ah ? Il ont accès au trampoline ? Que pendant les vacances ? Et c’est quand les vacances ? Dans 2 semaines. Ok

En parlant de vacances, parlons d’école non ?

En Namibie, les enfants sont à l’école de 7h30 à 13h. A partir de 13h, ils sont libres de rentrer chez eux ou de participer à des activités extra scolaires. Le BNC fait partie des établissements permettant aux enfants d’avoir un cadre scolaire et des activités extra scolaires durant l’après midi. Les enfants du BNC viennent de diverses écoles de Windhoek. Nous en avons comptées plus de 10 pour à peine 2 classes du BNC. Dans les différentes écoles, le niveau scolaire est très variable. Il nous est arrivé de devoir apprendre les additions à des enfants de 13-14 ans pendant que d’autres de la même classe faisaient déjà des équations. Certains encadrants nous ont dit qu’il est probable que cela soit dû au fait que certaines écoles bénéficient d’enseignants venant des Etats-Unis ou Europe pendant que certaines écoles subissent des changements réguliers et/ou de l’absentéisme de professeurs.

Durant les premiers jours, nous avons eu la chance de pouvoir assister à un cours extraordinaire de grade 1. (équivalent CP). A peine entrés dans la salle, les enfants attendent sagement l’arrivée de leur professeur (cela peut paraître banal, mais nous n’avons pas revu cela depuis). Après quelques minutes, la professeur de mathématiques arrive et se met à chanter dans la salle. Il s’agit d’une chanson de réveil, de motivation invitant les enfants à apprécier le calcul, la mémorisation et s’apprécier soi. Certains enfants ne chantent pas leur professeur le remarque rapidement. Elle leur précise que quelque soient leurs soucis, ils doivent lui en parler. L’ensemble de la classe se remet à chanter.
Puis vient le moment des additions, soustractions. Nous avons été vraiment impressionnés par la qualité d’enseignement, les méthodes mais surtout par la capacité de cette professeur à maintenir sa classe captivée pendant autant de temps. Les raisonnements sont enseignés via des chants. (Il nous est arrivés de les entendre à nouveau en dehors de la classe). Après une heure de classe de grade 1, nous sommes sortis épanouis et heureux. Nous n’irons pas jusqu’à dire que nous avons appris à compter mais… Pas loin ! Peut être que les méthodes nous aiderons par la suite.

Au bout de 3 jours au BNC, nous avons été chargés d’assurer les cours de mathématiques pour les grades 6 et 7 (équivalent à 6ème et 5ème) car l’un des professeurs avait déserté du jour au lendemain. Dans un premier temps, nous avons pris connaissance des salles de classes.
Grade 6 : Salle de 10 m² sans lumière. Une vingtaine de chaises pour les enfants, un petit bureau et un tableau noir.
Grade 7 : Salle de 40 m² avec de nombreuses tables, chaises et un tableau blanc.


L’un des premiers objectifs est de prendre conscience du programme scolaire des ces classes et surtout de leur niveau pour pouvoir adapter nos leçons.
Nous avons très vite compris qu’il était plus judicieux de séparer la classe en petits groupes (de niveaux ou thèmes). Cela fût notamment accentué par le manque de discipline des enfants et le niveau sonore dans des espaces aussi restreints.

Au programme : des additions, soustractions, multiplications (apprendre les tables pour certains), divisions euclidiennes, fractions, proportionnalité, simplifications de fractions, équations pour les plus aguerris etc

Durant ces quelques semaines avant les vacances, nous avons réussi à faire progresser une grande majorité d’entres eux, même parfois sur des détails assez pointus. Nous avons également beaucoup appris de cet enseignement. Donner des cours en anglais, captiver l’attention d’une classe, trouver des métaphores et comparaisons pour simplifier les problèmes, analyser le niveau de chacun pour reprendre les bases quand cela était nécessaire. De cette courte expérience, nous avons l’impression d’avoir pu aider certains jeunes, d’avoir donné l’espoir à d’autres qu’ils pouvaient progresser en s’investissant davantage. Après les classes, nous avons pu voir un jeune d’une quinzaine d’années apprendre ses tables de multiplications tout seul pendant des heures devant un mur (ou elles étaient écrites 😉). Certains élèves nous ont vraiment fait prendre conscience de leur niveau de motivation incroyable malgré leur milieu et leurs conditions de travail qui ne leur permettent pas d’être aussi épanouis scolairement et extra-scolairement que ce l’on a pu être pendant notre jeunesse.

Nous comprenons également en regardant les cahiers de classe des jeunes (quand ils en ont), que certains professeurs ne donnent pas, voire interdisent les corrections aux devoirs. Quand elles existent, celles-ci sont parfois mauvaises, ce qui ne facilite pas l’apprentissage des élèves…

Début août, c’est la fin des examens des élèves. Notre mission de professeurs de mathématiques s’arrête ici (même si nous avons demandé plusieurs fois s’ils ne serait pas intéressant de continuer pour les volontaires. Mais d’après le gérant du BNC, les enfants ont besoin de repos et certains ne viennent même plus depuis les vacances..)

Cependant, en tant que bons nanos, nous n’allions pas laisser ces jeunes sans aucune activité intellectuelle pendant quasiment 2 mois. C’est à ce moment que la musique intervient ! 😄 Après quelques petites répétitions entre nous (pour le fun, il faut bien se l’avouer), nous nous sommes dit que nous pourrions faire chanter tous ces enfants. Et vous savez quoi ? Cela tombait vraiment bien parce qu’ils adorent la musique, chanter et danser 😊

La suite, au prochain épisode !

La bise de la nano ! 😙

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